Confinement oblige, je vous emmène virtuellement dans les Caraïbes. Le point positif est que ce voyage ne vous coûtera pas un centime😊. Alors si le cœur vous en dit, je vous embarque dés maintenant dans mon récit.

Comme je vous l’ai dit dans ma présentation, je suis d’origine martiniquaise. Je n’ai jamais vécu là-bas, mais j’ai eu la chance d’y aller régulièrement pendant les vacances d’été, une fois pendant le carnaval et une autre pour les fêtes de fin d’année. La dernière était en 2017 et ici, je vais vous raconter ce merveilleux séjour qui m’a comblée, comme si c’était la toute première fois que j’y allais.

Vue de la rhumerie De Paz

« Ce fût le cœur rempli d’émotions que je foulais enfin le sol de la Martinique au tout début de la soirée. L’air, légèrement parfumé de cannes à sucre, mêlé à la chaleur, caressait délicatement mon visage ; le chant des grenouilles qui susurraient agréablement à mes oreilles me renvoyait instantanément dans les souvenirs de ma jeunesse. Bien sûr le cadre avait bien changé à cause de l’urbanisation, mais les cocotiers et palmiers présents depuis des décennies dans l’aéroport, m’accueillaient de toute leur splendeur, me rappelant que j’étais bien arrivée dans mon autre chez moi, sur la terre de mes ancêtres. Une fois débarquée, je respirais l’air à plein nez. Cet air chaud et particulier qui imprégné d’une douce odeur sucrée vous enivre, tandis qu’à la tombée de la nuit, on peut reconnaître le chant mystérieux des grenouilles rythmant ainsi les nuits de la Caraïbe.

Le Rocher du Diamant

Dès le lendemain, je prenais mon premier bain de mer caribéen, avec pour seule vue le rocher du Diamant qui par le soleil et ses rayons, brillait de mille feux et s’imposait fièrement par sa seule présence, sur la ligne d’horizon. Le surlendemain, c’est plus au sud de l’île que je me laissais enveloppée par les doux flots salés. Les courants chauds m’apportaient un apaisement doux et me libéraient de tout ce qui m’encombrait. Le va-et-vient des vagues me berçait tout en me dépossédant des douleurs qui depuis si longtemps me malmenaient et qui une fois balayées par l’écume, allaient s’éteindre sur le rivage. La plage de sable blanc donnait une touche finale à ce paysage idyllique et révélait toute la beauté naturelle que renfermait la Martinique. Sentir ses grains fins et chauds sous mes pieds me procurait une sensation de bien-être et me faisait ressentir le pouvoir des effluves iodés martiniquaises. Les pores de ma peau se dilataient ; ils laissaient libre cours aux frissons du plaisir, de parcourir tout le long de mon corps et ce, malgré la chaleur environnante de ce lieu si paradisiaque et si intime. L’eau transparente laissait entrevoir de petits poissons blancs et argentés qui se faufilaient furtivement entre mes jambes et par moment exécutaient avec brio des petits sauts hors de l’eau. Lorsque j’en sortais, c’était pour ressentir les doux rayons chauds du soleil sur ma peau. Tous ces moments si simples et si beaux me rappelaient à quel point j’étais privilégiée. Je flirtais humblement avec ce que l’on pourrait aisément nommer, un certain luxe de liberté.

Après cette fusion unique avec les plages de la Martinique, mes parents et moi profitions des petites douceurs de la vie en dégustant des mets créoles succulents face à la mer. N’est-ce pas le moyen le plus agréable pour associer le plaisir de la vue à celui du palais ? Les cocktails de jus de fruits frais coloraient joliment les tables du restaurant et rafraîchissaient les papilles des clients ; les plats servis dégageaient leur fumet sagement épicé, s’accordant parfaitement avec ce cadre de vie. Il ne manquait plus qu’une touche de gourmandise pour finaliser ces moments de convivialités.

Plats antillais et ti’ punch

Pour cela, je pouvais compter sur ces courageuses femmes qui tiraient le long de la plage, la traditionnelle sorbetière en bois contenant ce dessert depuis si longtemps convoité, le sorbet au coco. Fabriqué de manière artisanale avec des ingrédients locaux, il n’est comparable à aucun autre. Ce sont tous ces détails qui font incontestablement le charme antillais.

Un autre paysage m’avait interpellée ; celui composé d’une végétation luxuriante bordant les routes de l’île. Les bananiers, les cocotiers et autres arbres fruitiers, les plantes et les fleurs résistant aussi aux constructions d’autoroutes et autres structures urbaines, offraient aux habitants et aux touristes un des plus beaux tableaux que la nature nous ait donnés. Une fois à l’intérieur des forêts, je contemplais émerveillée, les arbres s’élevant vers le ciel. Ils ressemblaient par leur feuillage, à des poumons géants, si bien que je pouvais ressentir la terre respirer. Après avoir goûté aux bienfaits de l’air marin, c’était un grand bol d’oxygène qui me revigorerait. C’est humblement que j’admettais encore une fois ma petitesse face à cette immensité et je m’inclinais volontiers face à tant de beauté.

Cœur Bouliki

Dès que le soleil commençait à se coucher, les petites grenouilles annonçaient par leurs cris stridents, la tombée de la nuit. C’est le son typique des Antilles ; celui qui me rappelait que j’étais bien sous les tropiques. Ce chant familier accompagné d’averses nocturnes me berçait toute la nuit pour s’éteindre aux premières lueurs du jour et laisser place au chant bien matinal du coq. D’ailleurs je m’étais demandé à plusieurs reprises, si ces gallinacés n’étaient pas déréglés ! En fait, leur « cocorico » se faisait entendre à n’importe quel moment de la journée. Tous ces bruits magiques, symboles incontestés de la Martinique, me renvoyaient instantanément dans ma plus tendre enfance et irrémédiablement dans le souvenir de mes amis fort sympathiques, les moustiques.

Petite, j’avais connu le charme de marcher sur le tarmac, à la descente de l’avion. Là, il semblait qu’un comité d’accueil composé de ces insectes piquants m’attendaient de « pieds fermes » en se frottant joyeusement les ailes, tout en pensant à ce nouveau sang qu’ils allaient sucer goulûment. Quarante ans plus tard, leurs descendants étaient bien présents. Je pensais naïvement y avoir échappé mais j’allais encore une fois me faire « dévorer » par ces prédateurs pompeurs de sang qui habitués à toutes sortes de répulsifs, allaient à leur tour accueillir comme il se devait, la Parisienne. Cet épisode plutôt piquant était heureusement la seule ombre noire du tableau. J’allais bien vite me consoler en me régalant des spécialités locales, en savourant les bienfaits des bains de mer, en admirant les couchers de soleil sur la plage et en me remémorant avec les membres de ma famille, tous les souvenirs de moments passés ensembles. »

Je me sens vraiment privilégiée d’avoir pu partir plusieurs fois sur mon île d’origine. Je pense qu’il est parfois nécessaire de se ressourcer dans un lieu qui nous est cher. Vous qui me lisez, quel est le vôtre ?

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Michèle, la Terrienne